A l'instar des marchés britannique et allemand, le secteur des éditeurs de logiciels demeure fortement concentré en France, selon une étude menée par PricewaterhouseCoopers (1). Seul, en effet, Dassault Systèmes, qui vient de racheter les activités vente et support PLM (gestion du cycle de vie des produits) d'IBM, se dégage du lot en se plaçant parmi les 20 premiers éditeurs mondiaux. A lui seul, il représente 32 % d'un marché français estimé à environ 9,5 milliards d'euros l'an dernier. Entre le leader, qui est le seul à disposer d'une réelle dimension internationale, et son suivant immédiat, Sopra, qui réalise environ 180 millions d'euros de chiffre d'affaires dans le domaine de l'édition de logiciels, la différence est de près de 1 milliard d'euros.
Une situation qui a peu évolué d'une année sur l'autre, en dépit des différentes opérations de fusion-acquisition réalisées au cours des dernières années. Celles-ci n'ont toutefois pas donné lieu à la consolidation que certains analystes attendaient. A eux seuls, les dix premiers du classement généraient 62 % des revenus du secteur dans l'Hexagone l'an dernier, une tendance à la concentration qui ne fait que se confirmer d'une année sur l'autre. « En France, nous avons un champion de dimension internationale, puis ensuite quelques acteurs de dimension européenne, suivis par une nébuleuse d'entreprises moyennes à très petites », constate Pierre Marty, associé à Pricewater-
houseCoopers et coordinateur des activités liées au secteur des logiciels au niveau européen. Une situation qui n'est pas spécifique à la France et qui peut se comparer à celles de la Grande-Bretagne ou de l'Allemagne qui, face à la toute-puissance des éditeurs américains, ne recensent qu'un seul acteur d'envergure véritablement internationale, Sage et SAP, respectivement.
Meilleure résistance aux aléas
Le marché français, qui représente de l'ordre de 16 % du secteur des logiciels en Europe de l'Ouest, n'échappe pas à la crise mondiale, souligne par ailleurs l'étude, même si ses effets ne sont pas flagrants. L'étude est basée sur les chiffres d'affaires des spécialistes du logiciel pour l'exercice 2008. « La plupart des éditeurs se sont engagés dans des plans d'économies drastiques, voire de restructuration, afin de contrebalancer la forte baisse des revenus générés par les ventes de nouvelles licences », note Pierre Marty.
Une note d'optimisme, cependant : le fait que les éditeurs français soient spécialisés par secteur contribue à leur assurer une meilleure résistance aux aléas de la conjoncture. Ainsi, nombre d'entre eux sont des spécialistes de niche, mais leaders sur leurs marchés, que ce soit dans la santé, la finance, l'industrie ou les logiciels d'infrastructures.
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