Tambours, trompettes... Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d’Etat chargée de la Prospective et du Développement de l’économie numérique, est ravie de voir le numérique figurer dans le top 5 des priorités du grand emprunt national, annoncé par Nicolas Sarkozy le 14 décembre. Cet emprunt, qui sera lancé en 2010, devrait avoir un « fort effet de levier sur l’investissement privé », a-t-elle fait savoir par le biais d'un communiqué, rappelant au passage que l'un des principaux objectifs du président consiste à « accélérer le passage de la France au très haut débit ».
Fibre, usages, contenus et nuages...
Un constat, tout d'abord : le numérique obtient 500 millions d'euros de plus que ce qui avait été préconisé en novembre par la Commission Rocard-Juppé (4 milliards d'euros). Dans le détail, « 2 milliards seront dédiés au déploiement du très haut débit, préalable indispensable au développement de nouveaux services en ligne, et 2,5 milliards iront aux usages et aux contenus », souligne Loïc Rivière, délégué général de l'Afdel. Sur ces 2,5 milliards, 750 millions seront spécifiquement réservés à « la numérisation de notre patrimoine culturel » et un montant - non communiqué - sera dédié à « la réalisation d’infrastructures numériques en nuage (« cloud computing »).
« La référence explicite au cloud computing, qui offre une nouvelle manière de distribuer des contenus et des services numériques, représente un réel motif de satisfaction pour l'Afdel », selon Loïc Rivière. Il rappelle que l'association « a plaidé en la matière pour de nouveaux partenariats public-privé visant à mettre en place les nouvelles infrastructures ». Pourquoi ? « Nous avons en France des acteurs qui ont des compétences mais nous manquons d'une vraie politique pour co-financer les nouvelles infrastructures », explique-t-il, en signalant la nécessité de « réunir autour d'une table les éditeurs de logiciels, les spécialistes des infrastructures, les hébergeurs, les opérateurs et la Caisse des Dépôts ».
Répartition des fonds
Reste une inconnue de taille : la répartition des fonds sur le terrain. Nommé commissaire général à l'investissement, René Ricol [actuellement médiateur du crédit et et président du conseil d'orientation de France Investissement, un dispositif public de soutien en capital des PME en croissance] « aura pour mission de piloter cette répartition », indique Loïc Rivière. « Nous allons évidemment entrer en contact avec lui pour discuter de la mise en oeuvre des partenariats public-privé », mais aussi des « fonds d'amorçage qui pourraient être utiles aux plus petits éditeurs ».
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